48 heures à Riga en couple : ce qu'on a fait, ce qu'on sauterait, ce qu'on referait deux fois
Publie le:
Un week-end mesuré en impressions
Juin à Riga est extraordinaire. Les journées sont si longues qu’elles en oublient de se terminer — à 22h le ciel est encore d’un bleu gris pâle, les cafés de la Kalku iela sont pleins, et les façades de la vieille ville brillent dans une lumière qui n’est ni tout à fait coucher de soleil ni tout à fait crépuscule. Nous avions exactement 48 heures, ce qui paraissait à la fois insuffisant et parfaitement juste. Voici ce que nous en avons fait.
Vendredi soir : arriver et ne rien planifier
Nous avons atterri à RIX à 18h30, pris le bus 22 jusqu’au centre (1,15 € par personne, 30 minutes, sans accroc), et nous sommes installés dans un petit hôtel juste à côté du Quiet Center — pas dans la vieille ville. C’était intentionnel. Les hôtels de la vieille ville sont pratiques, mais on paie chaque pavé au prix fort ; être à cinq minutes plus loin nous a offert une cour tranquille et une chambre qui ne vibrait pas quand les groupes de touristes passaient à minuit.
Le plan du soir était simple : trouver à manger sans tomber dans les pièges à touristes. Nous avons marché dans le quartier Art nouveau — rien que pour le plaisir — et nous avons fini au Folkklubs Ala Pagrabs, un vaste bar de musique folk avec des tables communes, une excellente bière brune et une carte construite autour des spécialités lettones. Pīrāgi (petits pains fourrés au lard), côtes de porc, pain de seigle avec du saindoux et des cornichons. Environ 18 € pour deux avec les boissons. La musique live a commencé à 21h et a tenu jusqu’à minuit.
C’est ce Riga-là qu’on n’avait pas beaucoup vu décrit : chaleureux, sans chichi, authentiquement local — cette qualité que certains bars touristiques tentent de simuler sans y parvenir, et que celui-ci possédait naturellement.
Samedi matin : l’art nouveau avant la foule
Le meilleur conseil que nous puissions donner pour un week-end à Riga : arriver dans le quartier Art nouveau dès 9h. À 11h, les circuits guidés débarquent et le silence est rompu. À 9h, un samedi de juin, les rues autour de l’Alberta iela sont presque vides, la lumière arrive en angle bas et effleure chaque détail de stuc en haut relief, et on peut rester planté au milieu de la rue une minute sans qu’une voiture ou un groupe de touristes coupe notre vue sur la façade la plus dramatique d’Eisenstein.
L’Alberta iela est la rue canonique, mais l’Elizabetes iela et la Strēlnieku iela ont leurs propres moments forts. Nous avions réservé à l’avance la visite guidée de 2h sur l’histoire de l’Art nouveau pour 10h, ce qui nous a laissé une heure de déambulation libre. La visite a apporté la couche de sens qui nous manquait — pourquoi ces immeubles ont été construits (une bourgeoisie nouvellement prospère cherchant à s’affirmer), qui était Eisenstein et pourquoi les visages sur ses façades sont toujours légèrement dérangeants, et quels immeubles valent le coup derrière leur façade. Le musée de l’Art nouveau, inclus dans certaines formules, mérite le détour.
Déjeuner du samedi et le marché central
Après la visite nous avons marché jusqu’au marché central de Riga — environ 20 minutes à pied. Le marché ferme tôt l’après-midi le samedi, donc le timing compte. Nous avons pris un quart de poulet fumé à un des comptoirs alimentaires, un verre de kéfir frais et un morceau de pain de seigle. Total : environ 4,50 €. Le meilleur déjeuner du séjour.
La structure des hangars vaut la peine d’être comprise : ce sont des hangars à dirigeables allemands, remontés ici après la guerre. De l’extérieur ils paraissent industriels et un peu étranges. À l’intérieur, chaque hangar a son propre caractère — le hall de la viande est une chose, le hall du poisson (côté canal) en est une autre entièrement.
Samedi après-midi : bateau sur le canal et promenade tranquille
Nous avions hésité pour la croisière. Ça semblait trop touristique. Nous y sommes allés quand même et nous en sommes ravis. La croisière canal et Daugava sur un bateau en bois historique dure une heure, passe par le canal qui encercle la vieille ville puis s’aventure brièvement sur la Daugava, et offre des angles sur la ville que l’on ne peut tout simplement pas obtenir depuis terre. Le système défensif du canal, les façades de la vieille ville vues de l’eau, l’Opéra national letton depuis le bateau — c’était une de ces expériences qui paraissent superflues et qui s’avèrent être le souvenir qui reste.
Après le bateau, nous avons flâné dans la vieille ville — les Trois Frères (les plus anciens bâtiments résidentiels de la ville, trois maisons de ville médiévales mitoyennes), la Porte suédoise, la Maison du Chat avec ses girouettes légendaires. En fin d’après-midi, la vieille ville est plus calme que la ruée matinale, et la lumière sur les pierres médiévales est plus belle.
Samedi soir : où manger vraiment
C’est là que la préparation compte. Nous avions fait des recherches en amont sur où mangent les locaux à Riga, et la recommandation qui revenait sans cesse était Vincent’s — l’institution gastronomique de l’Elizabetes iela. Nous n’avons pas pu réserver. Nous avons fini par aller au Garage, un restaurant letton moderne dans le quartier Bergs Bazaar, et nous avons eu un des meilleurs repas du séjour : poisson local, légumes de saison, une carte de vins nature qui prenait le concept au sérieux. Environ 55 € pour deux avec le vin.
Nous avons terminé la soirée dans un bar de la Kalku iela avec des cocktails au Riga Black Balsam — la version cassis dans de l’eau gazeuse, plus légère qu’il n’y paraît. Le ciel était encore pâle à 23h.
Dimanche matin : la vieille ville avant le petit-déjeuner
C’était une sagesse accidentelle. Nous nous sommes levés tôt, nous sommes allés dans la vieille ville avant que l’hôtel serve le petit-déjeuner, et nous avions les rues presque entièrement pour nous. La Maison des Têtes-Noires en particulier — normalement entourée de groupes de touristes en train de se photographier — était silencieuse. Nous sommes restés devant elle cinq minutes sans personne d’autre dans le cadre.
La Maison des Têtes-Noires est une reconstruction — l’original a été bombardé en 1941, démoli par les Soviétiques en 1948 et rebâti dans les années 1990 — ce que certains trouvent diminuant. Pas nous. L’édifice est extraordinaire, le musée intérieur est sincèrement intéressant sur l’histoire de la Fraternité des Têtes-Noires (une guilde marchande médiévale), et la place qu’il ancre est la plus belle de la ville.
Nous avons pris notre petit-déjeuner au café Innocent — bon café, excellentes pâtisseries, prix raisonnables — avant de partir pour l’aéroport.
Ce qu’on sauterait
Le bus hop-on hop-off. La visite fantôme de la vieille ville (pas mauvaise, mais nous préférons explorer à notre rythme). Le bar sur le thème soviétique qui avait transformé l’esthétique en marque. Le restaurant sur la place avec la carte touristique plastifiée.
Ce qu’on referait deux fois
La promenade Art nouveau en tout début de matin. La croisière sur le canal. Le Folkklubs Ala Pagrabs. Le poulet fumé du marché central. Rester planté au milieu de l’Alberta iela à 9h dans la lumière de juin.
Le coût honnête
Total week-end pour deux personnes, vols exclus : environ 380 €. Cela comprenait une nuit dans un bon hôtel milieu de gamme (110 €), deux dîners (18 € + 55 €), deux déjeuners (9 € + 20 € estimé), la visite guidée (44 € au total), la croisière (36 € au total), cafés et bars (45 € estimé) et tickets de bus (6 € au total). Riga est nettement moins chère que Tallinn ou Stockholm — le rapport bière/qualité est exceptionnellement favorable.
Planifier le voyage : ce qu’on se dirait
Réserver la visite Art nouveau à l’avance. En juin, les places partent une à deux semaines avant. La visite vaut vraiment la peine en petit groupe — au-delà de 12 personnes, on n’entend plus le guide dans les rues animées, et les meilleurs moments sont ceux où l’on s’arrête pour regarder un immeuble pendant trois minutes en silence.
L’emplacement de l’hôtel compte plus que son nombre d’étoiles. Nous étions à cinq minutes du quartier Art nouveau et à dix minutes de la vieille ville. Nous avons tout fait à pied et n’avons jamais eu besoin des transports. Dans une ville aussi compacte, la distance de marche depuis les grands sites est la considération la plus importante pour le choix de l’hébergement. Le guide sur où séjourner à Riga analyse les compromis.
Mise en garde pour le 23-24 juin : nous n’étions pas là pendant Jāņi (la Saint-Jean), mais c’est le plus grand jour férié letton. Si vos dates coïncident avec le 23-24 juin, le caractère de la ville change complètement — de nombreux commerces locaux ferment, une grande partie de Riga part à la campagne, et la ville prend un calme légèrement surréaliste. Cela peut être merveilleux ou déconcertant, selon ce qu’on cherche. Le guide Jāņi explique ce qui se passe réellement.
La Daugava au coucher du soleil. Nous ne l’avons pas fait exprès — nous nous sommes retrouvés par hasard sur l’Akmens tilts (le pont de Pierre) vers 21h30, quand le soleil de juin était enfin bas à l’horizon, et la lumière sur le fleuve et la silhouette de la vieille ville de l’autre côté de l’eau était extraordinaire. Si vous avez un moment, marchez jusqu’au pont en fin de soirée.
Où en sommes-nous en 2026
Mis à jour en mai 2026 — le Folkklubs Ala Pagrabs est toujours là et toujours excellent. Les visites guidées Art nouveau se sont multipliées et la qualité s’est améliorée. Les croisières proposent plus d’options. Le café Innocent est devenu une petite chaîne (toujours bon). Les prix ont modérément augmenté — comptez 420-450 € pour un week-end similaire aujourd’hui. Juin reste le meilleur mois pour ce voyage : la lumière seule vaut le billet d’avion. L’itinéraire complet en couple pour un week-end à Riga détaille le planning jour par jour si vous souhaitez un programme plus structuré.